Du bon usage de l’Arlésienne

Mardi 25 mai 2010 à 19h01

L’Arlésienne s’est donc fait connaître en plein vrai-faux pont de la Pentecôte. Esprit saint, es-tu là ? La révélation, en tout cas, a eu lieu, officialisée par Xavier Bertrand, le patron de l’UMP : exit, la retraite à 60 ans.  “Il faut d’abord et avant tout accepter de travailler plus longtemps si on vit plus longtemps”, a-t-il résumé. Une lapalissade, aurait-on dit, si une partie du PS et de la gauche de la gauche n’avaient accrédité l’idée selon laquelle une alternative était possible.

Pourquoi la droite a-t-elle entretenu le mystère, jusqu’à présent, avant d’aller là où on l’attendait ? Par pure tactique, et avec une certaine habileté. Retour sur quelques semaines de vrai-faux suspense.

1- Premier préalable : pour faire passer la pilule de l’allongement de la durée de cotisation, il fallait d’abord céder à “l’esprit de Carmagnole” ambiant, ce vieux fond(s) égalitariste et anti-riches issu de la Révolution que la crise a fait resurgir. Taxons le capital et les hauts revenus ! Le gouvernement a donc promis de pendre les aristos à la lanterne – ce qui ne rapportera pas grand chose, financièrement – avant d’annoncer la fin de la retraite à 60 ans – qui renflouera nettement plus les caisses de l’assurance- vieillesse. Pas besoin d’avoir fait Polytechnique, en effet, pour comprendre qu’on fait coup double, avec cette mesure: on engrange des cotisations supplémentaires tandis qu’on repousse le service des pensions à plus tard.

2- Deuxième préalable : diviser l’adversaire. Martine Aubry ayant renoncé, pour cause de régionales, à rallier le camp des pragmatiques, toutes ses oppositions (courants, sous-courants ou simples personnalités) se sont focalisées sur l’affaire des retraites – faisant entendre mille voix discordantes. Jusqu’à ce que DSK donne le coup de grâce, estimant, sur France 2, que la retraite à 60 ans “n’était pas un dogme”. Une prise de position qui peut lui coûter cher, s’il se risque au jeu des primaires à gauche, mais qui l’a aussitôt propulsé en tête des candidats capables de battre Sarkozy au second tour: enfin un candidat de gauche pour qui la droite peut voter !

3- Troisième préalable : laisser l’opinion publique s’habituer à l’idée de travailler plus longtemps sans dévoiler de chiffre couperet précis. Bien sûr, l’idée n’enchante pas. Mais on voit bien que la solution s’impose partout en Europe. Et le gouvernement distille que les métiers les plus pénibles ne seront pas touchés. Comme le montre le Médiascope de Denis Muzet, l’attitude blasée se propage face à ce qui apparaît comme une évidence et une nécessité peu discutables sans une bonne dose de mauvaise foi. Les syndicats sentent le vent tourner. Ils multiplient les appels à la mobilisation, à deux jours de leur grande journée d’intimidation. On verra jeudi si la grève “préventive” a encore un avenir en France…


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Cannes, festival d’art et d’essai…

Mardi 25 mai 2010 à 10h55



La palme 2010

Dessin de Pierre Colin-Thibert



Dur, dur, pour les présentateurs de chaînes infos…

Bizutage garanti : prononcer le nom de la palme d’or 2010 sans se reprendre ! And the winner is : “Oncle Boonmee”, du réalisateur thaïlandais… APICHATPONG WEERASETHAKUL.

Un film d’auteur, comme on dit pudiquement pour désigner un film ennuyeux, ou raté, ou génial… mais auquel on n’a rien compris. Précisons qu’Oncle Boonmee n’avait encore trouvé aucun distributeur en France il y a 48 heures. Tim Burton, le président du Festival 2010, peut donc être rassuré : le film thaïlandais ne fera guère de concurrence déloyale à “Alice au pays des merveilles”.

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Le dessin de la semaine

Vendredi 21 mai 2010 à 11h06
Quand la louve retraite n'a plus de lait...

Dessin de Pierre Colin-Thibert

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Pourquoi on n’a cure du care

Mardi 18 mai 2010 à 10h53



"La rose pourpre du care" (Luc Ferry)



La droite n’a pas besoin de monter au créneau pour démonter le “care” cher à Martine Aubry: la gauche s’en charge très bien toute seule. Depuis que la première secrétaire du PS a lancé le terme emprunté aux néo-féministes américaines comme socle du futur programme socialiste, tout le  monde ricane et cancane rue de Solférino. Jack Lang se gausse, Manuel Valls parle “d’erreur profonde”, tandis que le sénateur François Patriat ironise en rappelant que “pour les gens” – sous-entendu, les “vrais gens” – le “care”, c’est la capitale de l’Egypte. Preuve qu’en donnant une leçon de philosophie, on peut récolter un cours de géographie. Ambiance…

Au-delà des querelles intestines entre cadors du PS, il faut bien reconnaître que cette notion de “care” est quand même moins facile à comprendre que le programme commun… Listons ses trois péchés originels :

1- Le terme est intraduisible. Dans un pays comme la France, où l’on parle si peu et si mal les langues étrangères, c’est un réel stigmate. Pour embellir l’image, Martine Aubry parle de société du “bien-être”, voire de société du bonheur. Mais la traduction exacte de la société du “care”, c’est la société du “soin”. Nettement moins onirique… Quoi que l’on fasse, le soin renvoie d’abord à la maladie ; puis à la petite enfance. Plébisciter le “care”, c’est donc se penser comme malade et/ou infantile. Immature, donc : il faut que l’Etat nous prenne par la main. La philosophie du “biberonnage”, s’amusait ce matin Eric Woerth sur Europe 1.  Assez différent du “welfare state” où l’Etat providence servait de filet de sécurité. On vous rattrapait en cas de pépin. Là, on ne vous laisse pas traverser la rue tout seul…

2- Le concept est anglo-saxon. Déjà, on se dit qu’il n’est pas adapté au modèle français. Bien sûr, Obama nous fait toujours rêver… Il a réussi, après moult difficultés,  à imposer une forme de sécurité sociale aux Américains… ce que nous avons depuis 65 ans ! On reprochera ainsi aisément aux adeptes de gauche du “care” ce qu’on a détesté dans les thèses néo-libérales de droite des années 80 : être une théorie importée peu compatible avec les spécificités françaises. Ce qui participe à l’étrangeté (au sens étymologique du terme) de cette idée tombée dans le débat public comme un cheveu sur la soupe.

3- La philosophie divise les féministes. Revendiquer une inspiration néo-féministe aurait pu être habile, renvoyant la droite à son machisme et à l’échec effectif de la parité. Mais le naturalisme qui sous-tend la Bible de Carol Gilligan (Une voix différente) pourrait mettre Elisabeth Badinter dans tous ses états ! Soutenir ainsi que la “sollicitude” (autre traduction possible du “care”) est une vertu essentiellement féminine, évidemment liée à la maternité, revient à faire d’Edwige Antier le porte-parole possible de cette nouvelle éthique.  Un débat dans le débat en perspective…



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Martine et le trou d’air

Mercredi 12 mai 2010 à 19h01

La lecture des sondages, qui se suivent et ne se ressemblent pas, devrait rendre humbles les commentateurs politiques. Las… Juste après les régionales, Martine Aubry était sacrée dame de coeur des Français. Elle avait remis le PS sur les rails et incarnait à son tour un “désir d’avenir” à gauche. Sa voie était toute tracée : direction l’Elysée. Mais voilà qu’après une quinzaine de “com” strauss-kahnienne à haute dose (reviendra-t-il, reviendra-t-il pas ?) et d’absence totale de la patronne du PS sur la scène française, Martine décroche. Selon un sondage Ifop pour Paris-Match, elle perd 8 points de réponses positives à la question cruciale : “Quelle personnalité souhaiteriez-vous voir désignée comme candidat du Parti socialiste pour l’élection présidentielle de 2012 ?” Soit 12% de oui (contre 20% en janvier), alors que DSK en engrange 27%, et Ségolène Royal 15%.

Première leçon : ceux qui avaient déjà enterré Ségolène constateront à leurs dépens que la madone du Poitou Charentes bouge encore…

Deuxième leçon : internationaliser son image, quand on est un pur produit hexagonal, est beaucoup plus dur que de renationaliser son personnage, quand on a une stature internationale. Martine Aubry est partie à Shangaï quand on l’attendait dans les défilés du 1er mai et dans la tourmente financière. Elle paie cash sa malencontreuse excursion, sans avoir pour autant “présidentialisé” son image. DSK, lui, porté par les crises internationale et européenne, en tant que patron du FMI, n’a qu’à se montrer dans un restaurant parisien pour revenir dans le paysage français… Injuste dissymétrie ! A l’avenir, Martine Aubry risque d’être clouée au sol (avec ou sans nuage de fumée), si elle veut éviter d’autres trous d’air.

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Le Téléthon des 200 familles

Mardi 11 mai 2010 à 19h07




Adrien Senecal Tags


Le bouclier fiscal finit par être porté comme une croix pas ceux qu’il était censé protéger. Alain Minc, qui fait sans doute partie de ses démiurges, sans le renier tout-à-fait, propose ouvertement de le contourner. Il vient de suggérer un “prélèvement provisoire” sur les riches. Chacun sait qu’en matière fiscale, seules les baisses sont provisoires ; les hausses finissent toujours gravées dans le marbre. Il en va de la CSG, inventée par Rocard, comme du RDS (remboursement de la dette sociale), imaginé par Juppé. Minc vient donc de trouver un raffinement supplémentaire dans le byzantinisme de la politique économique : faute de pouvoir supprimer l’ISF, on crée le bouclier fiscal, et faute de pouvoir supprimer le bouclier fiscal, on crée un impôt spécial qui ne sera pas pris en compte dans le fameux calcul des 50% à l’abri du fisc. Cela permettra sans doute de créer quelques postes supplémentaires de fonctionnaires avant de décider de les rayer de la carte…

L’auto flagellation va même encore plus loin chez Minc : récemment, sur France Info, il expliquait trouver anormal que les soucis de santé de son père, âgé de 102 ans, aient coûté 100 000 € à la sécurité sociale. Il suggérait que l’on retranche les frais médicaux de fin de vie de l’héritage futur, quand le malade a les moyens de payer. Noble pensée ! Je propose donc qu’Alain Minc lance une pétition à l’intention de tous les riches qui culpabilisent : “rendons l’argent”. Une sorte de Téléthon des “200 familles”…

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Entre deux maux…

Mardi 11 mai 2010 à 17h29


Fumée ou marée noire ?

Dessin de Pierre Colin-Thibert (scénariste)


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Allons nous faire voir chez les Grecs !

Lundi 03 mai 2010 à 18h34

Les gens sérieux nous expliquent qu’en sauvant la Grèce, nous avons sauvé l’euro et l’Europe. Tant mieux ! On aurait donc enfin compris qu’il ne peut y avoir de politique monétaire commune sans politique économique coordonnée. Certains s’étaient pourtant évertués à le dire, depuis pas mal d’années, mais maintenant que la note s’élève à 110 milliards d’€, la leçon risque d’être prise au sérieux… Du coup, Christine Lagarde, qui ne veut pas laisser le monopole de la rigueur à l’Allemagne, explique, dans un entretien au Monde, qu’il faut mieux contrôler les dérapages des membres de l’Union européenne et réviser les règles du pacte de stabilité – le même sur lequel nous nous sommes allégrement assis, il y a quelques mois, pour amortir le choc de la crise.

Et si les Grecs, par leur absence de savoir faire, nous donnaient une vraie leçon de savoir vivre ?

- Réduire le déficit de 10 points en trois ans ? Pas de problème ! La France, qui doit réduire le sien de 5 points, devrait en prendre de la graine.

- Faire passer l’âge moyen de départ à la retraite de 53 ans à … 67 ans ? Pas de problème ! La France, qui hésite à relever le seuil de 60 à 62 ans sur dix ans, pourrait lorgner du côté d’Athènes avec concupiscence…

- Mettre des millions de gens dans la rue, en amputant leurs revenus de 30 à 40% ? Pas de problème ! En Grèce, on sait comment mobiliser les foules… Nos syndicats rêveraient d’une telle occasion, pour gonfler leurs défilés du 1er mai, bien maigres cette année !

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La grève la plus nulle

Jeudi 22 avril 2010 à 9h51

La grève s’est donc achevée à la SNCF, après quinze jours de pagaille et de désorganisation. Une de plus, dira-t-on, blasé. Pas tout à fait. Celle-ci a en effet à la fois quelque chose de plus et quelque chose de moins que les autres.

Quelque chose de plus ? L’emmerdement maximum qu’elle a généré auprès de ses clients était naturellement lié au calendrier de la grève, à cheval sur les vacances scolaires de plusieurs zones. Cela faisait partie, bien sûr, du rapport de force. Droit de grève contre droit aux congés payés, le choc n’est pas nouveau. Ce qu’il y a eu de plus, par rapport au  classique chantage au transport des vacanciers, c’est l’éruption du volcan islandais.

Face à la zizanie que ce phénomène exceptionnel a semée, paralysant le ciel européen, on aurait pu s’attendre à une réaction exceptionnelle des syndicats grévistes : cas de force majeure, donc, suspension et report de la grève. Qu’au moins on puisse bouger en France, à défaut de pouvoir partir à l’étranger et surtout en revenir. On aurait tous tiré un coup de chapeau aux cheminots solidaires, et on aurait même cherché à comprendre les motifs pour le moins confus du conflit. Bref, on se serait tous sentis Cégétistes… Mais non ! La loi de l’autisme l’a emporté. Ne tenant compte ni de l’environnement, ni du contexte, le leader de la CGT, Didier Le Reste, est resté droit dans ses bottes, savourant l’effet papillon d’un pays sans avion, sans train, et rapidement sans voiture de location…

Quelque chose de moins ? Le plus étonnant est que cette grève aux effets maximaux n’a rien rapporté à ceux qui l’ont conduite ! Pour ne pas montrer qu’elle rentrait bredouille, la CGT s’est gargarisée d’avancées sur l’emploi… aussitôt démenties par les syndicats non grévistes. Contre toute attente, la direction a tenu. Il est vrai que lorsqu’on annonce près d’un milliard d’euros de pertes, sur 2009, on n’en est plus à quelques dizaines de millions près, en 2010. La CGT a donc joué, et perdu. Les salariés de la SNCF s’en souviendront sans doute aux prochaines élections professionnelles. En attendant, cette grève, à la fois ultra pénalisante, et ultra inefficace, est bien la plus nulle depuis 1995.

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A la niche (fiscale) !

Mercredi 14 avril 2010 à 19h16

Ce qu’il y a de bien avec les serpents de mer, c’est qu’ils ne meurent jamais (pardon du pléonasme). Quand Sarkozy était ministre du Budget – il y a dix-sept ans – il avait déjà ouvert la chasse aux niches fiscales. Son brillant directeur de cabinet, Pierre Mariani, aujourd’hui patron de Dexia, les avait recensées, décortiquées, épluchées… Le vent du boulet était passé tout près. Et puis, le sujet avait fait “pchitt”, selon l’expression chiraquienne consacrée. Aujourd’hui, Sarkozy président a envoyé son premier ministre au front. Fillon l’a promis : les niches fiscales vont passer à la casserole. Un moyen de renflouer les caisses de l’Etat sans dire qu’on augmente les impôts, puiqu’on se contente de supprimer ce qui les allège…Vous me suivez ?

Ce que Fillon n’a peut-être pas compris, c’est qu’il est face à l’alternative suivante: bomber le torse, pour finalement ne (presque) rien faire… ou faire et se mettre à dos tous ceux qui poussent aujourd’hui à la roue. Dans les deux cas,  sa cote de popularité risque fort de se rapprocher de celle du président…

Car attention: sur le principe général, tout le monde est d’accord. Sus aux niches fiscales ! Elles font perdre 70 milliards d’euros à l’Etat et bénéficient à des chasseurs de primes. La Tribune.fr a testé le sujet ce week-end : 52% des internautes interviewés veulent la disparition pure et simple de ces privilèges, et près de 38% leur réduction. Oui, mais voilà: quand on passe au cas particulier, l’affaire se complique.

Exemples :

- Supprimer les avantages DOM-TOM ? Impossible : plus personne n’investirait outre-Mer, et le chômage augmenterait encore dans ces départements sinistrés

- Stopper les aides aux éoliennes et autres énergies vertes ? Impossible, à moins d’enterrer définitivement le Grenelle de l’Environnement, déjà malmené avec l’enterrement de la taxe carbone.

- Rogner les aides aux handicapés et personnes dépendantes ? Impossible, ce serait un pur scandale.

- Diminuer les allègements pour l’emploi de personnes à domicile ? Impossible, cela augmenterait le nombre de demandeurs d’emploi non qualifiés, ou ferait repartir le travail au noir.

- Réduire les avantages du quotient familial ? Impossible, il faut faire plus d’enfants pour financer les retraites de demain

- Supprimer l’abattement de 7650 € d’allocation de frais dont bénéficient les journalistes ? Impossible ! Vous êtes dingues ou quoi ? Tous les médias se remettront en grève, et personne ne parlera de la suppression des niches fiscales…

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Les Frangines à l’attaque

Lundi 12 avril 2010 à 15h45

L’info n’a pas fait les gros titres de la presse, et pourtant elle est colossale : le Grand Orient de France vient d’admettre les femmes en son sein. Pas tout à fait par la grande porte, qu’on se rassure : le grand maître, Pierre Lambicchi, a bien compris qu’il était inutile de soumettre une énième fois le sujet au prochain convent, puisque sur un sujet aussi  sensible,  il semble n’y ait pas de majorité. Tout juste de quoi semer la zizanie parmi les frères, et générer des dissidences marginales. Dans un organe de sagesse et de réflexion, tout entier tourné vers le progrès de l’humanité, que viendraient faire les femmes, en effet ?

Non, grande ruse de la raison, c’est par la petite porte que les femmes feront donc leur entrée dans les loges non-mixtes (et qui le resteront, officiellement!). Ainsi en a décidé l’instance juridique des maçons, La Chambre suprême de justice maçonnique (CSJM), qui vient de rendre un jugement digne de Salomon : depuis vendredi, il “n’est pas contraire” au réglement intérieur du Grand Orient que les loges puissent initier des femmes. Jolie litote, qui permet de ne pas interdire ce qu’on n’arrive pas à autoriser ! Les apparences sont donc sauves… Place aux Frangines, maintenant !

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Quand l’émotion change de camp

Vendredi 09 avril 2010 à 21h38

La France entière s’est émue des malheurs infligés aux villages martyres des côtes vendéennes par la tempête Xynthia. La France entière s’est offusquée de ce que des zones inondables, répertoriées comme telles, aient pu bénéficier de permis de construire. Aujourd’hui, les sinistrés de La Faute sur Mer et de l’Aiguillon sur Mer s’offusquent de l’intransigeance de l’Etat qui ordonne la destruction de 1500 logements. Comme si la mémoire du danger avait déjà cédé la place à la défense des droits acquis…

Les mêmes qui reprochaient à l’Etat d’éventuelles négligences veulent aujourd’hui l’attaquer pour abus de pouvoir. Même s’il n’est pas drôle d’être un “boat people” dans son propre pays, on a du mal à suivre ce changement de cap. Et à partager  l’émotion des irréductibles de l’enracinement, qui ne veulent plus qu’on les protège malgré eux …

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