Les mauvaises raisons de détester Martin Hirsch

Lundi 04 octobre 2010 à 11h03

Avec son petit livre sur les conflits d’intérêt (*), Martin Hirsch s’attendait à jeter un pavé dans la marre, pas à être lui-même à ce point éclaboussé. Le voilà accusé par toute la droite (ou presque), de haute trahison. Il y a dans cet hallali quelque chose d’inutile, de malsain et de contradictoire. Comme si l’on reprochait à la fois à Martin Hirsch de “balancer” (contre Longuet, Copé et quelques autres), tout en affirmant qu’il n’y a rien à voir … S’il n’y a pas de sujet, pourquoi faire tant de bruit ?

Et bien si, justement, il y a un sujet. L’actualité ne cesse d’en fournir des exemples. En ne clarifiant pas, en amont, ce qu’est une situation de conflit d’intérêt, la classe politique se condamne à se faire taper sur les doigts quand la “prise illégale” d’intérêts est démontrée, et sévèrement réprimée. C’est ce qu’explique très bien Hirsch: à force de croire que tout le monde est honnête a priori, on finit par donner l’impression que personne ne l’est, a posteriori. Le pouvoir actuel s’honorerait à traiter le sujet, et il en tirerait même bénéfice, soulignant, en creux, que la gauche s’est bien gardée de s’attaquer au problème, quand elle était aux affaires.

Mais la raison plus sournoise du tollé qu’a soulevé Hirsch, c’est que la droite ne lui pardonne pas de jouer contre son camp d’adoption. Or Hirsch n’a jamais prétendu être soluble dans “l’ouverture”. Il est même l’exact contraire de Besson qui, tel un converti, affiche en surenchère ses nouvelles croyances.

Ce que la droite, en revanche, pourrait reprocher à l’actuel président de l’Agence du service civique, c’est d’avoir supporté pendant si longtemps une situation aussi manifeste de conflit d’intérêts intérieur entre sa conscience politique et le gouvernement auquel il appartenait…

(*) Pour en finir avec les conflits d’intérêt, ed. Stock

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2 Réponses à “Les mauvaises raisons de détester Martin Hirsch”

  1. Catherine Monroy dit :

    Ma chère Caroline,
    J’adhère totalement à ton propos. Les homme politiques font penser aux petits enfants qui se cachent derrière leur mains et qui imaginent que personne ne les voit parce que eux ne voient personne. Un léger bémol pour ta conclusion : si Hirsch n’était pas resté aussi longtemps en terre ennemie, il n’aurait jamais pu témoigner…C’est la différence entre un agent double ( Besson) et un infiltré ( Hirsch), entre deux maux, je choisis le moindre…

  2. Caroline Brun dit :

    J’adore ton commentaire ! Cela dit, je ne crois pas que Besson soit un agent double : maintenant, c’est un agent UMP pur sucre !

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