Le 9 septembre, vraie rentrée scolaire

Jeudi 09 septembre 2010 à 17h14

Rarement rentrée sociale et rentrée scolaire se seront autant phagocytées. Tandis que la France “adulte” a battu le pavé, mardi, que les syndicats et les préfectures de police se sont livrés à leur passionnante bataille de chiffres, que la gauche s’en est donnée à coeur joie contre la réforme “Woerth-Sarkozy” – cocktail de plus en plus explosif, par les temps qui courent -, un événement majeur a concerné la France “ado” et “pré-ado”, sans qu’on n’y prête vraiment attention : la rentrée scolaire a réellement commencé avec une semaine de retard !

Reprenons, au hasard, le film de l’entrée au collège d’une petite fille de 10/11 ans que nous baptiserons pudiquement “C.”

Le jeudi 2, prise de contact. Grand discours du principal pour expliquer l’importance cruciale de la classe de 6ème. Attention, cette année, c’est du sérieux. On ne rigole plus. On travaille dur. Et surtout, on respecte les profs. Sinon, sanctions à tous les étages.

Le vendredi 3, C. arrive tout feu, tout flamme, au collège. Enfin, les cours vont commencer (on sait combien les filles sont polardes…) ! Erreur. Les profs – qu’il faut respecter autant qu’ils vous respectent – improvisent une très, très longue AG. Le sujet était en effet d’importance : répondre ou non à l’appel à la grève lancé par le Snes pour le lundi 6 septembre. L’heure du déjeuner n’y aurait pas suffi, on l’a bien compris. D’autant qu’il aurait fallu déjeuner après.

Le lundi 6 : grève donc. Attention, rien à voir avec celle du 7. Le 6, c’était une grève scolaire : non aux suppressions de postes, aux sureffectifs, etc., etc. Elle est passée plus ou moins inaperçue au milieu de l’intense bruit médiatique consacré à celle du lendemain, autrement plus importante politiquement. Bref, une grève pour rien, mais une grève quand même.

Le mardi 7 : grève, bien sûr. Nationale, celle là, pour la défense des retraites. On a bien vu la démonstration de force. On n’a pas très bien compris ce que cela allait changer à la réforme, puisqu’au même moment, le Parlement votait consciencieusement chacun des articles litigieux. Mais bon, une belle grève quand même.

Le mercredi 8 : demie journée de “prise de contact”.

Le jeudi 9 : chouette, enfin la rentrée ! Commentaire de C. : “la différence entre le primaire et le collège, c’est que dans le primaire, on travaille.”

Conclusion: pas la peine de mettre en place une commission remplie d’experts ès sciences cognitives qui préconiseront  invariablement de raccourcir les vacances d’été. Mieux vaudrait, à l’avenir, caler la rentrée scolaire après la rentrée sociale…

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