Faut-il sauver le soldat Woerth ?

Mercredi 30 juin 2010 à 12h46

A partir de combien de Unes incendiaires et de décibels de “bruit médiatique”, un ministre est-il considéré comme cuit, cramé, caramélisé ? La question se pose, naturellement, depuis qu’Eric Woerth est pris dans les filets de l’affaire Bettencourt. Il se débat comme un beau diable, mais reste coincé dans la nasse… En voulant le défendre, le Premier ministre répond même à sa place, à l’Assemblée nationale, face à l’opposition déchaînée. Ce faisant, il souligne un peu plus que le ministre du travail est devenu un zombie, fantôme inanimé qui subit les coups sans pouvoir les rendre.

Combien de temps encore la situation peut-elle durer ? La stratégie du pourrissement mise en place par l’opposition – surtout, qu’il ne démissionne pas ! – agit lentement, mais sûrement. Chaque jour apporte son lot de micro révélations – qui ne contiennent guère d’éléments nouveaux, mais entretiennent le soupçon ravageur de trafic d’influence… et de trafic tout court. Woerth a longtemps été protégé par son statut “d’honnête homme”, reconnu par des figures de la gauche, François Hollande en tête. Sa mine besogneuse et son look Droopy – you know what, I’m happy ! semble-t-il dire en croulant sous la tâche – plaidaient en sa faveur.

Mais aujourd’hui, le premier ministrable déchu entraîne le sommet de l’Etat dans sa chute. Ségolène Royal ne s’y est pas trompée, qui a, comme toujours, frappé plus fort que les autres en dénonçant le “système Sarkozy corrompu”. Woerth tétanisé, c’est très au-dessus de lui que sifflent les balles, aujourd’hui. La majorité qui faisait bloc derrière lui commence à se fissurer, trouvant les dégâts collatéraux de “l’affaire Woerth-Bettencourt” disproportionnés. Pas sûr que le soutien répété du Président puisse tenir jusqu’au remaniement “punitif” que Nicolas Sarkozy vient d’annoncer pour cet automne…


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