“Vous partez ?”

Vendredi 04 juin 2010 à 19h09

A un mois des premières escapades estivales, il faut absolument lire le délicieux pamphlet de Ted Stanger, “Sacrées Vacances” (*). Non content de jouer l’Américain de service – qu’il est de moins en moins, au fil de son enracinement en France -, l’ex-correspondant de Newsweek à Paris y décrit avec délectation ce qu’il appelle “une obsession française.” Le bouquin aurait pu s’arrêter à une énième comparaison du nombre d’heures travaillés en France et chez nos principaux compétiteurs, à un relevé systématique des jours fériés laïques ou confessionnels qui permettent à la France oisive de ne pas se faire de religion… Mais non. En fin connaisseur de nos moeurs et observateur amusé de nos coutumes, Stanger pique sur le vif mille détails et expressions qui prouvent notre addiction à la drogue des vacances.

Par exemple, dès que les beaux jours pointent, on ne peut croiser une vague relation sans qu’elle ne vous demande : “vous partez” ? Et ce, quand bien même la réponse l’indiffère totalement. Par quel instinct grégaire faut-il aussi que tout le monde parte en même temps, quitte à passer des heures dans les embouteillages ? “Voilà ma réponse à la question de l’identité nationale, résume Stanger : un Français, ça part en vacances avec les autres et basta !” Les Parisiens en prennent tout particulièrement pour leur grade : ils sont prêts à payer une fortune le prix du mètre carré dans la capitale, mais n’ont de cesse de la fuir dès que le moindre pont s’annonce.

A côté de ces remarques bon enfant, il y a aussi des raisonnements beaucoup moins convenables, comme d’expliquer le financement des Dom-Tom par le simple entretien d’agréables colonies… de vacances ! Bref, entre l’anecdote et la provoc, l’auteur se délecte. Réjouissons-nous que l’écriture de ce petit livre, vite fait, vite lu, n’ait pas dû lui gâcher de trop longues vacances…


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