Martine et le trou d’air

Mercredi 12 mai 2010 à 19h01

La lecture des sondages, qui se suivent et ne se ressemblent pas, devrait rendre humbles les commentateurs politiques. Las… Juste après les régionales, Martine Aubry était sacrée dame de coeur des Français. Elle avait remis le PS sur les rails et incarnait à son tour un “désir d’avenir” à gauche. Sa voie était toute tracée : direction l’Elysée. Mais voilà qu’après une quinzaine de “com” strauss-kahnienne à haute dose (reviendra-t-il, reviendra-t-il pas ?) et d’absence totale de la patronne du PS sur la scène française, Martine décroche. Selon un sondage Ifop pour Paris-Match, elle perd 8 points de réponses positives à la question cruciale : “Quelle personnalité souhaiteriez-vous voir désignée comme candidat du Parti socialiste pour l’élection présidentielle de 2012 ?” Soit 12% de oui (contre 20% en janvier), alors que DSK en engrange 27%, et Ségolène Royal 15%.

Première leçon : ceux qui avaient déjà enterré Ségolène constateront à leurs dépens que la madone du Poitou Charentes bouge encore…

Deuxième leçon : internationaliser son image, quand on est un pur produit hexagonal, est beaucoup plus dur que de renationaliser son personnage, quand on a une stature internationale. Martine Aubry est partie à Shangaï quand on l’attendait dans les défilés du 1er mai et dans la tourmente financière. Elle paie cash sa malencontreuse excursion, sans avoir pour autant “présidentialisé” son image. DSK, lui, porté par les crises internationale et européenne, en tant que patron du FMI, n’a qu’à se montrer dans un restaurant parisien pour revenir dans le paysage français… Injuste dissymétrie ! A l’avenir, Martine Aubry risque d’être clouée au sol (avec ou sans nuage de fumée), si elle veut éviter d’autres trous d’air.

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